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Dinna Fash Sassenach - Outlander
Les habitants de l'étang

Depuis cinq ans, la Terre abrite Kaleb-Adji, un héros venu d’une autre planète. Adulé par certains, critiqué par d’autres, il vole d’un bout à l’autre du globe pour venir en aide à tous les nécessiteux, sans épargner sa peine et sans rien demander en retour. Mais qui est-il en vérité, lorsqu'il n'est ni le héros ni le sauveur ? Est-il devenu homme ? A-t-il droit à l'amour ? À la compassion ? A-t-il droit à l'erreur ? 

Tout commence un matin d’été à quelques mètres au-dessus du sol, lorsqu’un enfant qu’il n’a pas pu sauver lui sourit avant de mourir. Brisé, Kal cherchera alors de l’aide auprès de la mère de l’enfant, au sein du village qui l’abrite. Sarah et les habitants de Saint-James seront-ils capables de sauver le héros ? 

  

À quelques mètres du sol est bien plus qu’une histoire de héros et de sauveur, c’est une critique elliptique de la société consumériste, des médias dévoreurs d’intimité, des gouvernements déshumanisés. 

  

C’est également une histoire d’amour entre deux cœurs brisés qui se réparent l’un l’autre, et qui refusent de céder leur bonheur à la destinée. 

Pour commander le livre, deux solution, soit en m'écrivant à valerie.m.gay@gmail.com. Je vous communiquerai alors la marche à suivre.  

  

Le livre est broché, au format A5, c’est-à-dire d'une hauteur de 21 cm et d'une largeur de 14,8 cm et possède 240 pages. 

Il coûte 17 € auxquels il faudra rajouter les frais postaux s'élevant à 5€.  Donc un total de 22 € 

 

Soit en vous dirigeant vers le site  :  The Book-Edition pour une commande en ligne 

  

 

   

Extraits

Et un jour enfin, un téléspectateur du nom de Joshua Basset évoqua cette scène effroyable qui avait été diffusée jusqu’à la nausée sur tous les écrans : ce jeune garçon chutant vers sa mort et le héros plongeant à sa suite, si déterminé à le sauver qu’il s’était écrasé au sol à son tour. 

— Personne ne s’est demandé ce que cela avait représenté pour Kaleb-Adji, continua Joshua. On a surtout parlé de Sam et de sa mère. Beaucoup ont évoqué l’échec du héros en comptabilisant le nombre de fois où, en revanche, il était parvenu à rattraper des personnes tombant du haut d’un immeuble, comme s’il fallait tenir des statistiques pour comprendre à quel point cet échec était dramatique. Mais qui a pris la peine de se demander ce qu’il avait vraiment ressenti, au fond de lui ? Les médias ont pourtant diffusé cette vidéo sous tous les angles, avec des ralentis et des gros plans, et nous avons tous constaté à quel point Kaleb-Adji s’est approché très près de Sam, jusqu’à lui toucher les doigts. Ils se sont regardés tous les deux, une ou deux secondes peut-être. Imaginez tout ce qui peut se dévoiler dans un regard durant deux secondes, lorsqu’on sait qu’on va bientôt mourir ! 

— Vous pensez que Kaleb-Adji est traumatisé par cet épisode ? lui demanda la présentatrice de l’émission. 

— Je pense que celui qui fonce comme un bolide pour rattraper un enfant, sans prendre la peine de ralentir pour s’éviter de lui-même s’écraser au sol, est forcément quelqu’un pour qui la vie de l’autre est infiniment précieuse. Kaleb-Adji a plongé ses yeux dans ceux du jeune garçon. Il a dû y voir la peur sûrement, et l’espoir peut-être. Et ensuite, qu’a-t-il vu ? La tête du garçon frappant le sol et son propre corps, à sa suite, s’écrasant sur lui et baignant dans son sang. Mince alors ! Vous ne pensez pas que cela a dû être un instant incroyablement douloureux pour lui ? 

— Mais je vous pose la question, Joshua, reprit la présen­tatrice, tout heureuse d’avoir au micro une question valant la peine d’un débat : pensez-vous que cela suffise à justifier le départ définitif du héros ? 

— Je pense que c’est le seul drame qui puisse le justifier amplement. 

Cela fait un moment déjà qu’elle l’observe depuis sa fenêtre, bien avant que le soleil n’ait entamé sa longue descente au-delà de la mer, et pourtant, alors que pour la énième fois elle lève les yeux sur lui, l’air extérieur semble chargé jusqu’à la gueule des prémices de la nuit. 

Comme tous les jours depuis des mois, elle a installé son ordinateur portable sur la petite table, devant la fenêtre du salon. De la sorte, elle bénéficie de la lumière du jour et de la vue imprenable sur le port de pêche, ainsi que de la chaleur du feu de cheminée qu’elle entretient avec amour tout au long de la journée et qui lui chauffe le dos merveilleusement. 

Malgré le travail en retard et l’urgence de s’y mettre sérieusement, elle n’a cessé de lever les yeux sur lui. Assis à l’entrée du ponton, il s’est adossé sur le pilier en bois, celui que M. Lombard a repeint à l’automne précédent et qui a fait jaser une partie du village, parce que la teinte n’avait pas été validée par la municipalité. 

Il y a dans la posture de l’inconnu quelque chose qui laisse deviner une grande souffrance. À plusieurs reprises, elle a eu envie d’aller à sa rencontre pour lui offrir son aide, mais pour une multitude de raisons, dont aucune ne lui convient tout à fait, elle s’est abstenue. Il est vrai qu’il ressemble à un SDF, la barbe épaisse, les cheveux broussailleux et un sac militaire à ses côtés. Peut-être est-ce un homme violent, un criminel en fuite, pourquoi pas ? 

Elle n’y croit pas vraiment bien sûr. Un criminel en fuite ne serait pas resté des heures entières à la vue de tous. Non, c’est plus certainement un homme en grande difficulté qui se tient là, face à la mer, sans bouger depuis des heures malgré le froid, malgré le vent et les embruns, malgré la nuit qui arrive sur lui à toute allure. 

Ce qui l’a retenue également, c’est le sentiment qu’il semblait avoir besoin de solitude. Elle avait bien connu cela, Sarah, la solitude comme un rempart inviolable, une bulle précieuse, seule apte à recevoir la profondeur de tous les tourments. Il y avait peu de temps encore, elle aurait chassé sans vergogne quiconque aurait tenté de pénétrer dans cette forteresse sans y être invité. 

Est-ce là qu’il se trouve ? Dans un espace où personne d’autre n’existe ? Où personne d’autre n’est attendu ? Oui, peut-être, et peut-être n’est-il qu’un homme épuisé, malade ou trop seul. Et soupçonner cela sans lui proposer de l’aide serait comme l’abandonner aux ténèbres. 

Alors, elle se décide. Elle attrape l’une des couvertures qui habillent le canapé et remplit une tasse avec le thé qu’elle vient justement de se préparer. « Adviendra ce qu’il adviendra, se dit-elle. Au pire, il m’envoie balader et je pourrai me mettre au travail ! » 

Commande

À quelques mètres du sol  

La trilogie de Kaleb-Adji