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Dinna Fash Sassenach - Outlander
Les habitants de l'étang

Tout au long de ce récit, Valérie Gay-Corajoud s’intéresse à la nature de son bourreau, mais surtout, à la manière dont elle est devenue victime.

 

Elle livre sans complaisance, comment elle a toléré sa cruauté tout en continuant de prendre sa défense durant des années. Elle relate son quotidien aux côtés de ses enfants, dont le fils qu’ils ont eu ensemble, diagnostiqué autiste à l’âge de 3 ans et retrace sa descente aux enfers jusqu’à un désir de suicide. Puis finalement, terrorisée par ses actes de violence de plus en plus réguliers, comment elle est parvenue à s’en sortir en s’enfuyant avec son fils à l’autre bout de la France.

 

Elle souhaite, avec ce témoignage à visage découvert, aider les lecteurs à saisir comment un manipulateur réussit à capturer sa proie, à l’isoler, la rendre dépendante. Mais plus que tout, elle aimerait faire comprendre que les victimes ne sont ni stupides, ni masochistes, mais à ce point meurtries qu’elles n’ont plus les moyens de s’extirper du piège dans lequel elles sont engluées.

Pour commander le livre, il vous suffit de vous diriger vers le site  :  The Book-Edition  

 

Le livre est broché, au format A5, c’est-à-dire d'une hauteur de 21 cm et d'une largeur de 14,8 cm. 

 Il possède 217 pages et coûte  12,00 €  

 

Vous pouvez également visiter ma page : auteure pour faire connaissance avec tous mes ouvrages  

 

 

  

 

   

Extraits

Chapitre 5 : Projection

 

...

J’aurais dû le chasser de ma vie ce jour-là. J’aurais dû déceler son manège, réaliser la folie qui l’habitait et qui allait m’embarquer dans son sillage ainsi que toute ma famille. Mais la peur de le perdre m’en a empêchée. Pourrais-je me pardonner ?

Je franchissais un nouveau palier, et je sais, j’ai la certitude qu’il l’avait prévu, que c’était la raison d’être de cette dispute avec mon fils puis de son attitude agressive envers moi. Si je tolérais cela, alors, il était temps pour lui de passer à la vitesse supérieure. D’une certaine manière, il éprouvait, crise après crise, ma capacité à endurer la douleur.

Dès lors, ce n’est plus lui qui fabriquait l’hologramme qui nous représentait, mais moi. Il m’avait dévoilé une partie de son monstrueux visage, mais accolée à l’homme dont j’étais éprise. Terrorisée à l’idée de le perdre et de me retrouver seule avec un enfant, sans cet amour autour de moi pour me contenir, j’ai tout mis en œuvre pour que notre couple perdure, jusqu’à supporter l’insupportable. Sans en avoir conscience, j’ai construit le barreau le plus solide de ma prison.

La petite lumière scintillait dans ma tête comme jamais, mais je la repoussais de toutes mes forces.

 

Je n’ai pas revu mon fils durant six années.

Chapitre 4 : La petite lumière

 

...

Je me souviens parfaitement ce moment solitaire. Allongée sur le lit, je regardais tout autour de moi les merveilles qui s’étalaient sur les murs et qui ne pouvaient appartenir qu’à un homme cultivé dont les connaissances devaient être bien au-delà de ce que je pouvais imaginer. Pour autant, sans avoir son niveau d’études, je n’étais pas sotte et je savais comment fonctionnait une discussion. Ce n’étaient pas tant ses propos qui m’avaient mise dans cet état que la manière qu’il avait eue, non seulement de me blesser, mais de ne pas tenir compte de cette blessure.

L’homme que j’aimais éperdument ne pouvait ignorer mes larmes ! Il ne pouvait pas non plus arguer que mon désaccord prenait sa source au sein même de ma nature féminine ! L’homme que j’aimais aurait été plus délicat, plus pertinent, plus attentif, et plus intelligent également. Alors… Qui était-il ?

 

Je l’entendis frapper à la porte et me demander d’une voix douce et inquiète si j’allais bien, s’il pouvait entrer.

J’aurais souhaité demeurer seule, mais j’ai eu peur qu’il se fâche, ou qu’il parte, ou qu’il ne m’aime plus. La crainte de le perdre, de perdre ce que j’avais trouvé grâce à lui a supplanté tout le reste. Alors je l’ai laissé entrer.

Il s’est allongé à mes côtés, me serrant dans ses bras et me priant de l’excuser. « Pardon pour tout », me disait-il, « je suis un ours, une brute, un idiot ! Pardon de t’avoir blessée, de t’avoir fait peur, de m’être laissé déborder » ! Il m’embrassait dans le cou, sur la bouche, prenait mes mains dans les siennes. Il sentait si bon. Il était si doux ! « Je m’emporte lorsque je débats », continuait-il, « je n’arrive plus à m’arrêter, je suis tellement passionné » ! Il séchait mes joues avec un mouchoir, plongeant ses yeux magnifiques dans les miens, pleins de larmes. « Je n’ai plus l’habitude de faire attention, je dois réapprendre, je vais réapprendre. Pardonne-moi ».

Je n’écoutais plus vraiment ce qu’il me disait, trop bouleversée par ce que sa proximité provoquait en moi. J’acceptais ses excuses immédiatement, heureuse que nous n’ayons rien brisé entre nous !

Et pourtant…

Pourtant, bien que nous ayons fait l’amour juste après et que son corps ne cessât de rassurer le mien, une petite lampe qui s’était allumée dans un coin de ma tête n’a pas voulu s’éteindre. Cette petite lumière, je l’ai conservée ainsi toute ma vie à ses côtés. Dix années durant, elle a brûlé sans discontinuer, me rappelant qu’il fallait que je sois attentive.

Ce soir-là, Tristan s’est excusé une dizaine de fois. Ensuite, et malgré tout ce qu’il m’a fait subir, il ne l’a plus jamais fait.

Commande

Écrire, c’est un plaisir la plupart du temps.

Mais parfois, c’est comme respirer, ou pleurer, ou hurler. On n’a tout simplement pas le choix !

Et puis écrire, c’est aussi témoigner, pas seulement pour sortir de la solitude, mais pour enseigner , afin que les épreuves passées prennent sens et puissent s’accorder à un avenir possible.

 

Je l’ai fait, il y a quelques années, pour raconter notre vie familiale aux côtés de mon fils Théo.

« Nos mondes entremêlés — l’autisme au cœur de la famille » a eu beaucoup de succès et m’a donné l’occasion de rencontrer énormément de personnes - particuliers ou professionnels - en lien avec la différence en général, et l’autisme en particulier. J’ai eu le sentiment de participer à une réflexion capitale et d’en quelque sorte, rajouter une pierre à l’édifice.

 

Ce que la plupart de ceux qui m’ont lue ne savent pas, c’est que durant cette même période, j’ai dû mener un autre combat, bien plus difficile et tellement plus douloureux ! Un combat que je ne pouvais nommer lors de ce premier témoignage, afin de ne pas tout mélanger.

 

Mais aujourd’hui, je peux le faire. Je dois le faire.

Je dois raconter ma vie auprès de mon bourreau, le père de mon fils Théo.

Parce que, de la même manière qu’il était important de proposer une autre vision sur le quotidien auprès d’un enfant autiste, il est capital d’expliquer les raisons qui nous font devenir victime d’un manipulateur.

Avec l’accord de mes enfants, je reprends la parole, en espérant qu’à nouveau, je pourrais participer, ne serait-ce qu’un peu, à faire évoluer les mentalités.

Présentation

Chapitre 7 : Violences

 

...

Bien sûr, aujourd’hui je réalise que j’ai contribué à ce que mes enfants et surtout Stella restent sous contrôle également. Que se serait-il passé si je m’étais rebellée lorsqu’il m’a projetée à travers la porte ? Si j’avais dit à Stella que ce n’était pas tolérable, qu’on ne traite personne de la sorte, et encore moins une femme enceinte ? Que se serait-il passé si j’avais dit stop ? Serait-il parti ? Non, je le sais bien maintenant. Il y avait dans cette maison, non pas tous les gens qu’il aimait, mais toutes les affaires auxquelles il tenait, d’ailleurs, cette maison était à lui à hauteur de 30 %, il ne se gênait pas pour me le rappeler à la moindre occasion.

Si j’avais dit stop, j’aurais enseigné à Stella qu’il y a des comportements qui ne sont pas tolérables. Alors qu’à l’inverse, je lui ai appris qu’un coup n’est pas si grave, qu’une attitude aussi violente peut-être balayée d’un revers de la main, que l’amour justifie tout, permet tout… jusqu’à s’oublier. Je lui ai inculqué qu’un homme avait le droit de la frapper.

Sous prétexte de la protéger, je l’ai mise en danger.

Voilà ce que Tristan et moi lui avons montré ce jour-là, ce que nous avions déjà fait avec Alexandre quelques mois auparavant. Et cela fait partie de mes plus grands regrets.